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Dossier
UTLS, quatre lettres pour aller vers une école idéale Par Fernando Costa Imaginez, chère lectrice, une école où dexcellents professeurs donnent des classes aux élèves de tous les âges et conditions sociales sans besoin de concours préalable Une seule Chaque professeur donne une seule classe dune heure et demie et sen va à jamais, comme rêvait le Pink Floyd dans The Wall « Hey! Teachers! Leave the kids alone!» Imaginez, cher lecteur, que dans cette école extraordinaire, les classes sont plutôt des conférences très animées, dont le principal but nest pas seulement de renseigner les élèves, mais surtout de les inviter à la réflexion, de les provoquer même, dans un débat public à propos des sujets les plus importants du monde. Des exemples? Oh! Vous voulez des exemples? Les voilà: «Les enjeux scientifiques des changements environnementaux», «Clonage reproductif, clonage thérapeutique», «Enseigner: le devoir de transmettre, les moyens dapprendre». Imaginez que, dans cette école, les heureux élèves nont pas besoin de copier quoi que ce soit du maudit tableau noir, ni même de prendre des notes, parce que les classes proposées autour de chaque thème deviennent des livres publiés à la fin des cours aux Editions Odile Jacob. Imaginez aussi que, pour tous les élèves qui ne peuvent se rendre à cette merveilleuse école en trois dimensions, il y a un site internet sur lequel on trouve les vidéos de toutes les classes conférences, déjà plus de 500. Jimagine que vous imaginez que devant la porte de cette magnifique école il y a toujours une longue file de joyeux élèves, même sous la pluie, même dans le froid mordant de lhiver. Vous avez raison! Jai vu cela de mes yeux plusieurs fois. Je vous donne une très bonne nouvelle, chers lectrice et lecteur: cette école idéale existe déjà depuis le 1er janvier 2000 à Paris et sappelle lUniversité de tous les savoirs. Lisez ce que nous en a dit, en exclusivité, son père, le clairvoyant professeur de philosophie, Yves Michaud. Quelle était lidée originale qui a fait naître lUniversité de tous les savoirs et à quoi attribuez-vous limmense succès quelle a rencontré auprès de la communauté culturelle française et internationale, mais aussi et surtout auprès des simples citoyens qui ont fréquenté en grand nombre lUTLS depuis le 1er janvier 2000? Yves Michaud: Lidée originale était daccompagner le passage de lan 2000 dune grande université populaire ouverte à tous et qui durerait toute lannée comme une sorte de grande performance. Le succès est dû, à mon avis, à la réunion de plusieurs éléments. Dune part, jai souhaité que les meilleurs spécialistes sadressent directement au grand public en faisant eux-mêmes la vulgarisation de leur domaine et je crois que le public a apprécié. Dautre part, javais choisi de donner une place prépondérante aux sciences exactes et le public a aussi apprécié de pouvoir trouver à lUniversité de tous les savoirs des réponses à ses interrogations et à ses demandes dinformation. Dans les faits nous sommes devenus aujourdhui la grande encyclopédie vivante francophone, avec plus de 530 conférences disponibles. De quoi rêvez-vous pour le futur de lUTLS? La faire croître plus encore et se multiplier physiquement dans dautres villes de France et à létranger ou imaginez-vous quun jour lUTLS puisse devenir entièrement virtuelle et développer des plates-formes dinteractivité encore inédites à ce jour? Yves Michaud: Notre réussite a dores et déjà encouragé des initiatives comparables en France et à létranger, en Hongrie et bientôt au Brésil. Elle a aussi redonné du courage aux associations qui faisaient un travail similaire et souvent sétaient un peu découragées ou endormies. Il y a maintenant des organisations similaires en France. Notre vocation en tout cas nest pas de nous transformer en une entreprise multinationale de diffusion du savoir. Mon souhait serait pour lavenir de continuer les conférences au rythme que nous avons adopté (une cinquantaine par an) en mettant à jour notre base de savoir. Jaimerais surtout pouvoir prolonger la diffusion des conférences par la mise en place dun site internet où les textes des conférences pourraient être achetés en ligne. Nous sommes en effet bien distribués par la radio, la télévision, les recueils publiés et même des DVD et des disques audio mais il nous manque une possibilité de vente des textes au détail en ligne. Quels critères utilisez-vous pour choisir les thèmes débattus à lUTLS, pondérer leur importance les uns par rapport aux autres, et que répondez-vous à ceux qui voient dans votre démarche une «tentation encyclopédique»? Yves Michaud: Nous avons un réseau très solidaire de conférenciers qui nous suggèrent régulièrement les sujets à traiter et les jeunes conférenciers à inviter. Pour préparer le programme de lan 2000, javais systématiquement demandé aux grands spécialistes, aux grands organismes denseignement et de recherche quels sujets devaient être traités. Nous continuons un peu de la même manière en traitant les sujets qui navaient pas été bien traités (la Chine par exemple), ceux qui ont déjà beaucoup changé (les nanotechnologies), ceux qui peuvent être abordés sous un angle neuf (la diversité de la vie). Je ne considère pas la caractérisation «encyclopédique» comme une critique. Nous faisons une encyclopédie mais ouverte et en constante évolution. Quelles ont été vos plus grandes joies denseignant, de philosophe et dhomme depuis la naissance de cette aventure unique et avez-vous remarqué des changements de comportement ou de pensée importants chez vos auditeurs au fil des mois et, on peut le dire déjà maintenant, des années? Yves Michaud: Jai eu la joie dabord de suivre une formation continue exceptionnelle, notamment dans le domaine des sciences physiques qui me passionne depuis toujours. Ensuite jai eu la joie dassister à de grands moments de générosité scientifique, en présence de conférenciers qui faisaient des efforts remarquables pour communiquer des choses difficiles. Les changements qui mont marqué sont ceux du public, qui sest considérablement rajeuni dans les deux dernières années car je redoutais de me retrouver à la tête dune université du troisième âge. La chose qui me plaît le plus est quand jentends des gens dire «quand on cherche à se renseigner sur quelque chose, il faut aller voir ce quil y a sur le sujet à lUTLS. Il doit sûrement y avoir quelque chose». Retour au sommaire |
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